J’ai récemment assisté à un événement où plusieurs fabricants d’éclairage « traditionnels » se vantaient de la longévité de leur expérience en conception de luminaires et affirmaient que cela en faisait un meilleur choix par rapport à certains fabricants modernes.
Cela m’a amené à réfléchir : une longue histoire dans la conception de produits d’éclairage confère-t-elle réellement un avantage à un fabricant ? Certes, l’expérience est importante ; chez INDO, nous disposons d’une équipe de conception pluridisciplinaire, dont certains membres cumulent plus de 40 ans d’expérience, mais les membres plus jeunes ont une contribution tout aussi importante dans la conception de nos produits. Ces membres plus jeunes, qui ont lancé et développé leur carrière à l’ère de la LED, sont capables d’apporter un regard neuf et créatif sur les nouvelles technologies, ce qui peut être difficile pour ceux qui ont été exposés aux contraintes de conception imposées par les technologies d’éclairage plus anciennes.
À titre d’exemple, considérons brièvement l’histoire des grandes évolutions technologiques dans l’éclairage. Il y a environ 400 000 ans, l’homme a appris à maîtriser le feu, source précieuse de lumière et de chaleur. Bien des générations plus tard, à la fin du XIXe siècle, l’ampoule à filament de carbone fut inventée, propulsant le secteur dans une nouvelle ère d’éclairage propre et sans effort. Vers le milieu du XXe siècle, un autre bond technologique fut réalisé avec les sources à décharge gazeuse, qui ont dominé le marché (sous une forme ou une autre) jusqu’à très récemment et représentent la majorité des infrastructures d’éclairage routier actuelles. Enfin, nous avons connu le développement relativement récent dans l’industrie des semi-conducteurs, qui a permis d’utiliser l’éclairage LED dans les applications d’éclairage de voirie. Ce sont là quatre domaines technologiques très distincts, qui nécessitent naturellement des approches de conception très différentes.
Ces transitions entre technologies peuvent être extrêmement déstabilisantes pour une entreprise établie, principalement parce que des années d’expérience dans un domaine particulier peuvent devenir presque caduques du jour au lendemain, effaçant ce qui était autrefois un argument de vente fort. L’exemple de Kodak dans l’électronique grand public est parlant. Kodak n’a pas réussi à effectuer la transition du film argentique à l’appareil photo numérique au début des années 2000 et en a payé le prix : sa part de marché aux États-Unis est passée d’environ 80 % avant 2000 à environ 10 % en 2007.
Les nouvelles entreprises entrant sur un marché au moment d’une transition possèdent généralement une expertise dans le nouveau domaine technologique, tandis que l’entreprise établie doit recycler ou remplacer une partie de ses effectifs et de ses infrastructures pour rattraper son retard, ce qui peut être coûteux et chronophage. La taille du « saut » entre les domaines technologiques détermine clairement le degré de transférabilité des connaissances. Les grands sauts peuvent poser des problèmes aux entreprises « traditionnelles », permettant aux nouveaux entrants de développer des produits innovants à un rythme plus rapide et de s’emparer de parts de marché.
Si les entreprises établies peuvent s’inquiéter de la menace que représentent des sociétés nouvelles et innovantes, qu’est-ce que cette période potentiellement disruptive signifie pour les jeunes professionnels de l’éclairage ? Je suis convaincu que les technologies disruptives offrent aux jeunes professionnels l’opportunité d’exceller en embrassant la nouvelle technologie avec un regard libre de tout préjugé. Qu’ils fassent partie d’une organisation plus ancienne ou d’un nouvel entrant, appartenir à la génération LED est à la fois stimulant et gratifiant, et peut offrir une carrière passionnante dans un secteur en plein essor d’innovations.